Salut, c'est intéressant tout ça.
J'en profite pour donner un petit cours de patho. Déjà il ne faut pas perdre de vue que ce n'est pas parce qu'un poisson est parasité qu'il est forcément malade. On distingue en effet l'infestation parasitaire (qui peut passer inaperçue) de la maladie parasitaire (où on observe les symptômes). Le passage de l'un à l'autre est lié à la multiplication des parasites sur le poisson. Dans ce qui suit, le nombre de parasites et les seuils de sensibilité ne sont donnés qu'à titre d'exemple pour simplifier l'explication. Par exemple à 50 parasites de moyenne par poisson, pas de gratouille et à 100 gratouille (c'est simplifié parce que ça dépend également de la sensibilité de chaque poisson).
Ensuite, il faut savoir qu'un traitement n'est pas forcément efficace à 100%. Tout dépend de la nature et des modalités du traitement. Si on part de l'exemple d'un traitement qui ne serait efficace "qu'à 90%", ce qui est déjà pas mal. Il est évident qu'un seul traitement va soulager le poisson puisqu'il ne va plus être parasité "que par 10 parasites au lieu de 100", mais les parasites vont continuer à se multiplier jusqu'à ce qu'apparaissent de nouveau des symptômes. D'où l'intérêt de plusieurs traitements successifs. En élevage pour des problèmes de microparasites (protozoaires), on a l'habitude de faire subir 2 à 3 traitements au formol aux poissons à 2 jours d'intervalle (pour leur laisser le temps de s'en remettre entre chaque traitements).
ça nous donne par exemple pour un poisson qui serait parasité par 100 parasites et des parasites qui doublent d'effectif chaque jour:
J0: 100 parasites en moyenne par poisson. TRAITEMENT=> plus que 10 parasites par poisson: les poissons n'ont plus forcément de symptômes mais restent parasités et on serait tenté de s'arrêter là
J1: les parasites se sont multipliés et sont désormais 20 par poissons
J2: les parasites sont passés à 40 par poisson. TRAITEMENT => plus que 4 parasites par poissons
J3: doublement de la population des parasites, on est à 8 parasites par poissons (si on avait pas fait un deuxième traitement on serait à 80 parasites avec vraisemblablement de nouveaux des symptômes).
J4: doublement de la population des parasites, on est à 16 parasites par poissons. TRAITEMENT =>on passe à 1.6 parasites par poisson en moyenne
Au final, 3 traitements auront été nécessaires pour (presque) débarrasser le poisson de ses parasites. Alors qu'en apparence les symptômes avaient disparu dès le premier traitement!!!!
Ensuite il faut savoir que le nombre de parasites sur chaque poisson n'est pas le même mais suit une distribution de Gauss (si tu te souviens un peu de tes cours de math du Lycée). Par exemple, si le nombre moyen de parasites par poisson est de 100, tu auras peu de poissons avec 50 parasites, peu également avec 150 et la très grosse majorité des poissons auront 100 parasites. Les poissons malades ne représentent que la partie émergée de l'Iceberg. En sachant que forcément cette distribution évolue avec le temps puisque les parasites se multiplient. Cela signifie qu'il faut considérer la population d'un aquarium comme une seule entité et pas se dire, je met celui-là en bac hôpital pour le traiter parce qu'il est malade alors que les autres n'ont rien. Ils n'ont rien POUR L'INSTANT mais ils ont forcément les mêmes patho à des stades différents puisqu'ils baignent dans le même jus.
Enfin, il n'est pas rare que des poissons aient plusieurs pathologies simultanément et dans ce cas, si tu en soigne une, tu auras forcément une amélioration de l'état général du poisson mais il ne sera pas forcément guéri puisque tu n'auras pas forcément traité l'ensemble de ses patho. Si tu as par exemple un poisson qui respire vite. Tu poses le diagnostic qu'il s'agit de vers branchiaux et tu traites pour ça. Le problème, c'est qu'une infection bactérienne chronique ou aigüe peut entraîner les mêmes symptômes de respiration accélérée (car le poisson est en souffrance). Or à moins que le poisson ne subisse régulièrement des vermifugations ou que l'élevage ne soit indemne, il aura forcément quelques parasites branchiaux. Si tu traites pour ça, le poisson sera forcément soulagé de ses parasites mais tu seras passé à côté de l'infection bactérienne qui finira sans doute par le faire crever. Pourtant, tu étais persuadé d'avoir posé le bon diagnostic et fait le bon traitement puisque l'état général du poisson s'était amélioré.
Pas glop, pas glop la patho.

Même quand on croit avoir trouvé, des fois on se plante. Le seul moyen de poser un diagnostic avec quasi certitude, c'est d'autopsier un des poissons du bac (ou mieux encore plusieurs, pour limiter le risque statistique de passer à côté).
Désolé, j'ai écrit un roman.
A ta place, je commencerai par les vermifuger de la tête aux pieds et je suivrai ça de près pour voir si ça suffit ou s'il faut passer à l'artillerie antibio. En sachant bien entendu que ces traitements ne remplaceront JAMAIS une bonne hygiène du bac et des changements d'eau réguliers mais qu'ils peuvent venir en complément si nécessaire.